La bêtise, ça se paie.

"Il est con. Il le sait, mais il continue de l'être. Il a une chance inouie, et cet abruti est maladroit, et prends le risque de ne plus être chanceux. Alors il demande pardon.
Il le jure, se le jure, qu'il ne le sera plus, con.
Il pensait juste qu'être con, ce n'était pas donné à tout le monde."

- Mais bizarement, je ne le souhaite à personne.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 23 août 2009 13:29

Eucalyptus.

"Quitte à se sentir nul et malheureux, autant l'être sous un arbre, à l'ombre, un verre de thé glacé à la main..."
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 23 août 2009 13:20

Nous avons chaud, et Oui-oui aussi.

C'était un dimanche d'été. Et Oui-oui avait eu chaud, ce jour-là.
Il marchait, tranquillement, dans la rue, quoiqu'un peu plus lentement que d'habitude. Farenheit et Celsius crièrent "Canicule !", et tous les villageois se terrèrent, attendant que l'orage passe. Mais Oui-oui et certains de ses amis n'entendirent pas.



Oui-oui avait choisit de porter sa cape sang, son bonet bleu ciel, ses chaussures carmins taille cinquante huit aux lacets bleus anthracite, sa fine écharpe jaune à poids rouge cerise, son sourire niais et sa voix fluette. Aujourd'hui, il souriait, parlait, répondait, comme hier, mais toujours sans se fâcher ni se plaindre.


Oui-oui ne changeait pas. Oui-oui n'était jamais malade. Oui-oui ne souffrait jamais de rien. Cependant aujourd'hui, en ce dimanche d'été, Oui-oui avait très chaud. Il respirait fort, trop fort. Seuls deux mots sur trois atteignaient son cerveau, ses poumons engloutissant le malheureux dernier. Tandis que Oui-oui persistait à voir un merveilleux monde, ce dernier, lui, passait son temps à changer. Mais personne ne le voyait assez bien pour pouvoir le dire.


Il y avait encore des villageois qui erraient sur les pavés. Oui-oui devait justement faire quelque chose pour eux aujourd'hui. On lui avait demandé d'aller chercher de l'eau, des glaçons, et des rafraichissements dans le canton voisin, car le soleil avait déjà tout sécher.

Oui-oui avait une belle voiture rouge, son "beau taxi".
Il roulait, et roulait encore. Le soleil se faisait lourd et chauffait la route. Le bitume rugissait et rougissait sous les coups de Maître Soleil.
Oui-oui se perdit, il faisait une chaleur à mourir. Et il transpirait, à grosse gouttes chaudes et collantes. Et voilà qu'il ne souriait plus. Oui-oui est pile-poil entre son village, et celui des voisins.
Et vlan, pom pom pom poummmffffff, sa voiture rouge grenade prend chaud, prend peur, s'enfume et s'étouffe. Et s'arrête, stopée nette par la panne...
Oui-oui, apeuré, crie à l'aide. personne ne l'entend plus, ni ne le voit: Oui-oui est seul, seul au monde. Il tente, mais en vain, de réparer son taxi. Il est trop loin de son village, et un voyage à pied serait risqué. Possible, toutefois. Oui-oui ne sait plus que faire. Il hallucine, sa vue se brouille, sa bouche sèche. Il pense alors que marcher pourrait être la solution. Oui-oui succombe à la panique, et croule sous l'hystérie.
Cependant il marche, court, piétine, et rampe encore.

Oui-oui a pris avec lui les deux bouteilles d'eau qu'il lui restait. Les deux seules bouteilles, pour un trajet si long...
L'eau s'évapore si vite que Oui-oui ne remarque pas qu'il ne lui reste qu'une demie-bouteille pleine. Sa folie use autant d'énergie que son pélerinage. Ses jambes flageolent, piétienent, se soutiennent péniblement, mais Oui-oui s'est trop vite épuisé...
Il abandonne son écharpe, retire ses chaussures, et jettent ses vêtements qui l'alourdissent.
A cours d'eau, à cours d'envie; même plus de larmes pour pleurer.
Oui-oui cède, tombe, chancèle, dévice, s'étouffe, lance un -dernier- crie d'appel, et décède, à quelque pas de sa vie.
Parceque Oui-oui est un homme, et que des Oui-oui comme ça, inconscients et perdus, il en existe des milliards.


C'était l'histoire de Oui-oui, un dimanche où il a fait chaud. Tant pis pour lui. Demain est un autre jour ; un autre Oui-oui prendra sa place.


Et nous, derrière une vitre, nous suons encore comme des gorets.



FIN.

# Posté le dimanche 28 juin 2009 07:43

Modifié le mardi 07 juillet 2009 18:24

(Pas d'objet)

~"Non, non, mon cher amour, je ne vous aimais pas..."~



Il fait vraiment trop chaud aujourd'hui. Les fleurs du jardin s'innondent de la lumière solaire, ravivant leurs couleurs déjà mûres. Bientôt elles m'aveugleront, ces roses, et bientôt me crèveront les yeux. Les mirabelles aussi, sur leur arbre, rougissent de chaleur. Jamais lassées de dorer au soleil, elles paieront leurs excès bien assez tôt, lorsque alourdie de leur jus délicieux, la branche cèdera et les laissera choir sur l'herbe fraîche, éclatées et pourrissantes.

Et moi je me suis enfermée dans ma propre cellule, sans vraiment avoir mesuré ma langueur en cet après-midi. Je pourrais étudier, oui, certes, je pourrais m'instruire et asperger mes pupilles d'algèbre et de théorèmes -auxquels je voue une amitié sans bornes, cependant...-; mais je n'en ai pas l'envie. Alors je t'écris, toi, instinctivement et plutôt amoureusement. Voilà. C'est tout. C'est samedi. C'est l'été, et j'ai froid, allongée sous la climatisation. Je sens le rhume pointer son index sur mon coeur, et me crier "Veni, vidi, vici, je vais m'approprier tes sinus et hérisser tes poils dans un premier tremblement!".

Je dois infiniement m'ennuyer pour inventer des hérésies pareilles.



Ecris-moi.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 27 juin 2009 08:42

La part de l'autre. Chapitre dernier.

La part de l'autre. Chapitre dernier.
Juin 1970.
Un enfant est amené par ses parents au cinéma.
Comme d'habitude, il s'attend à voir des animaux
qui parlent, des fleurs qui chantent ou bien une danse
d'hippopotames avec autruches. Mais on ne lui offre
pas son dessin animé annuel depuis 10 ans; au lieu
de cela, l'écran lui envoie des images en noir et blanc,
de sales images tremblées par un mauvais son,
encore plus mauvaises que les films familiaux de
vacances. Il ne comprend pas. Un homme à mous-
tache et au regard fixe crie dans la même langue que
sa grand mère alsacienne, oui, la même, à cette diffé-
rence que c'est beaucoup moins doux et plus autori-
taire, ça donne envie de se lever et d'obéir. Il ne com-
prend toujours pas. Puis des images de rafles,
d'incendies, de trains où l'on entasse des hommes
comme des bestiaux. L'enfant comprend encore
moins. Enfin, après les bombes que crottent les avions
en l'air, des explosions toujours plus fortes, un feu
d'artifice, jusqu'au plus beau, le somptueux champi-
gnon de fumée nucléaire. L'enfant a peur, il se laisse
couler dans son siège pour ne plus voir l'écran. Mais
les images déferlent encore, les camps de barbelés,
les vivants squelettiques aux yeux noirs, les chambres
à gaz, puis les corps nus, entassés, à la fois raides et
mous, que des pelleteuses mettent dans la terre ou
l'inverse, l'enfant ne sait plus, il suffoque, il veut par-
tir, il ne veut plus savoir si c'est cela le monde réel,
il ne veut pas grandir, il veut mourir.

# Posté le jeudi 25 juin 2009 04:33

Modifié le jeudi 25 juin 2009 06:53